Dimanche 19 Novembre 2017

Psychologie environnementale

Projet : CMA - Finistère

L'environnement n'est pas un simple décor

L'environnement (espace physique et sociale) peut être défini comme un ensemble de ressources, de possibilités d'action ou de comportements que l'individu est libre de saisir ou non (définition de l'affordance).

Les opportunités qu'offre un environnement n'existent pas en tant que telles, ce n'est que par l'intermédiaire de la manière dont elles sont perçues et utilisées par l'individu qu'elles sont.

L'environnement est porteur de sens, d'identité, il permet de situer l'individu socialement, culturellement et économiquement. Le comportement résulterait de deux forces agissantes : une force interne, la personne elle-même et une force externe, l'environnement qui a un effet sur le comportement à travers les perceptions dont il est l'objet.

Les notions d'appropriation d'espace et d'identité sont primordiales à tous les niveaux :

4 niveaux d'analyse avec différents sœuils de contrôle :

  1. Espace privatif ou micro-environnement :
    L'espace privatif comprend le logement, le bureau, l'environnement social familier ; il se caractérise par un contrôle étendu, non-partagé de ces espaces.
  2. Espace partagé ou méso-environnement :
    L'espace partagé comprend l'espace semi-public, le quartier, les parcs et collectivités de proximité ; il se caractérise par un contrôle partagé bâti sur le consensus.
  3. Environnement collectif public ou macro-environnement :
    L'environnement collectif public comprend la ville, les paysages et communautés d'habitants ; il se caractérise par un contrôle délégué à une instance de contrôle (type mairie, élus, responsables, ...)
  4. Environnement global :
    L'environnement global comprend les environnements construits et naturels, la population ; il se caractérise par un contrôle institutionnel et une absence de contrôle individuel.

 

4 niveaux d'échelle spatiale :

    • Espaces privés :
      Des espaces occupés soit définitivement soit transitoirement s'accompagnent d'une relation affective à l'espace (l'attachement). La présence d'objets personnels tels que les meubles, photos ou souvenirs marquent cette appropriation. L'espace approprié contribue à l'identité de l'individu et procure un sentiment de sécurité. En effet, les territoires appropriés individuellement ont comme fonction essentielle de produire de la prédictibilité, de l'ordre et de la stabilité
    • Espaces de travail :
      L'aménagement des espaces de travail néglige fréquemment les exigences de territorialité et de gestion de l'intimité. Les entreprises sont rarement agencées de manière à créer des conditions de travail optimum. Bien plus que la lumière, le bruit, la ventilation ou le mobilier, c'est la possibilité de s'isoler sur son lieu de travail qui est jugée essentielle.
    • Territoires partagés et espaces semi-publics :
      Plus la congruence individu-environnement est forte, plus le voisinage correspond aux aspirations de l'individu et permet de satisfaire ses besoins sociaux et matériels, plus l'individu y sera attaché émotionnellement. Le quartier est le lieu charismatique dans lequel les rapports sociaux se caractérisent par une certaine spontanéité et familiarité où l'individu arrive à se constituer un espace connu et sécurisé "le chez soi".

      D'une manière générale, la périphérie des grandes villes est un espace rejeté ; en périphérie, le quartier a moins d'attrait qu'au centre. Indubitablement, les centres-villes exercent une forte attirance : on les investit davantage et on s'y attache beaucoup plus aisément.
    • Personnalisation des espaces institutionnels :
      Le séjour dans une résidence de convalescence ou pour personnes âgées est accompagné d'un abandon transitoire ou définitif de la sphère privée habituelle qui s'accompagne la plupart du temps d'un stress ou même d'un certain désarroi dû à un sentiment de perte de contrôle et de sécurité. La reconstruction d'un territoire primaire par l'intermédiaire de marquage (photos, bibelots, meubles…) sont autant de facteurs que soutiennent l'estime de soi et réduisent le stress des résidents.

      La densité élevée est une caractéristique environnementale qui est rendue responsable de manière récurrente de comportement de repli sur soi, d'inattention envers autrui voire même d'agression. Plus la taille des immeubles collectifs est importante, moins les habitants ont d'interactions sociales (relation de voisinage, entraide...). Ainsi des habitants de logements donnant sur de longs couloirs se sentent menacés dans leur intimité. La psychologie environnementale préconise de réduire les espaces communs à des tailles humaines en créant des modules de communication ouverts sur l'extérieur (réduire la sensation d'entassement) et facilement contrôlables par tout un chacun (création d'espace contenus).

 

Les études portent sur la manière dont l'environnement façonne les comportements de l'individu, et/ou sur la manière dont individu et environnement s'influencent mutuellement.

top